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Sur le terrain...

L'église Notre Dame de l'Assomption de Litteau

L'église de Litteau, construite en schiste brun est de la fin d'époque romane, et implantée sur de la roche précambrienne. En fait, elle appartient à diverses époques, mais seuls la tour et le chevet où façade de l'Occidental appartiennent au style ogival primitif.

 

Un édifice de tous les siècles

Le porche se trouve sous un préau ouvert en plein cintre du XIIIé siècle, dès son entrée dans l'église, le visiteur marche sur la dalle funéraire de Madame de Cairon. Deux pas plus loin sur la gauche se dressent les fonts baptismaux en marbre noir, ainsi qu'un magnifique confessionnal en chêne du XVIIIé.

Auprès des deux petits autels qui précèdent le choeur, deux niches pour accueillir les offrandes destinées au curé, l'une à ouverture gothique flamboyant du XVé et l'autre en lancettes du XIIIé. A droite la statue de Notre Dame de l'Assomption. Elle est très vénérée par les paroissiens et des visiteurs y viennent souvent s'y recueillir. C'est la Sainte Patronne de Litteau, le second patron étant Saint Marcouf.

Le choeur a été rebâti au XVIIIé. L'autel principal du début du XVIIIé porte un tabernacle élancé, orné de nœuds et de pampres (motif ornemental représentant une branche de vignes avec feuilles et grappes), cantonné de consoles chargées de guirlandes. Sur le retable, une magnifique œuvre, sans valeur, plus récente, représente une « Assomption » de la Vierge aux bras ouverts ce qui annonce l'acceptation de la volonté divine. Sur la corniche un médaillon circulaire réuni par des guirlandes à des pots-à-feu.

Au fond, la sacristie édifiée en 1875 par A.Legrix, maire, P.Aze, curé, Paul Suzanne architecte et E.Gloust, entrepreneur, d'où on peut accéder par l'extérieur par un perron en granit. Elle contient un très beau chasublier en chêne. Elle est surmontée d'une chambre pour le logement des ornements.

 

Une crypte et un escalier secrets ?

Le choeur a été reconstruit au XVIIIé siècle. En dessous, dans toute son étendue, règne un caveau, sorte de crypte moderne qui renferme des piliers de pierres en schiste ardoisiers pour soutenir le pavé du choeur. Aujourd'hui elle est fermée par sécurité mais on trouve encore les entrées sous le maître autel. Dehors une entrée qui a été condamnée avec une plaque en fer forgé pourrait aussi donner la preuve de l'existence de cette crypte. Disposition très rare dans les campagnes.

L'église possède très beaux vitraux et baies qui datent d'après le Débarquement.

 

La tour-clocher est couverte d'une flèche octogonale cantonnée de quatre clochetons. On pouvait y accéder par l'extérieur mais aussi par un escalier créé dans le choeur. C'est une construction solide réalisée en schiste ardoisier. Il aurait été bâti par Julien Guezet, prêtre et curé du lieu en 1725. Il existe toujours et est très propre et accessible, même si son entrée est cachée par les bancs du choeur (un passage secret comme disent les paroissiens).

 

Remerciements à M. de Villeroché du château de Taillebois à Litteau qui a mis, à notre disposition, des documents personnels.

© Liliane Grimaux
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© Liliane Grimaux
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© Liliane Grimaux
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L'église Saint Germain de Littry

 

Au XIIé siècle, le village de Littry vivait autour de l'église Saint Germain, sans doute sous le vocable de Saint Germain d'Auxerre qui lutta contre les hérésies des Nobles durant l'antiquité tardive. Elle a été agrandie et a perdu son clocher en bâtière au XIXé siècle (clocher à deux pentes). Ce dernier a été remplacé par un clocher pointu éclairé par deux fenêtres cintrées à trois voussures. Anciennement elle était desservie par les moines de Cerisy la Forêt, aujourd'hui, ce sont les Prémontrés de l'abbaye de Juaye Mondaye qui y célèbrent les offices.

 

Un orgue à sept jeux

Son porche est du XIXé siècle. Dès les premiers bas, le visiteur verra au-dessus de lui une tribune en bois sculpté garnie d'un orgue qui pourrait dater des années 1910. Il aurait été fabriqué par le facteur Joseph Koenig de Caen, ancien accordeur d'harmoniums de la maison Cavaillé-Coll. Il est composé de sept jeux. Son siège recouvert de velours rouge usé présage que de nombreux organistes ont du y jouer. La nef n'offre rien de bien particulier si ce n'est le deux bénitiers en forme de coquillage nacré à son entrée.

De nombreux vitraux, d'après guerre, représentent des Saints parfois peu connus comme Elisabeth, Marcel, Bernadette... Et mettent en lumière les statues de plâtre fabriquées entre la fin du XIXé siècle et 1930.

 

La Chapelle des Soldats en hommage aux Morts de la Grande Guerre

Avant d'arriver dans le choeur, une chapelle à gauche où le visiteur peut voir une très haute croix en bois avec un Christ métallique. En fait, il s'agit du Christ de l'ancien calvaire des bûcherons, rue de Laval à l'orée de la forêt. Il a été restauré et le prêtre a trouvé dommage de remettre cette croix toute neuve à tous vent et pluie, d'où sa place dans l'église. La chapelle au Sud est très jolie et est nommée Chapelle des Soldats. Son autel représente le monument commémoratif de la Grande Guerre et de chaque côté sur des plaques de marbre sont inscrits le noms des soldats tués pendant cette guerre. Un autel particulier, puisqu'un soldat en arme regarde la statue de Notre Dame. Fait peu courant de voir des personnages armés dans les églises et encore moins sur les autels. Comme à l'entrée de nombreux vitraux apportent une lumière particulière comme la rosace située en dessus de Notre Dame. Sur le confessionnal, trône une statue de Saint Baptiste, classée au patrimoine.

 

Un choeur roman du XIIé siècle classé aux Monuments Historiques

Le choeur de l'église fait l'objet d'une inscription aux monuments de France le 22 octobre 1926.

En 1979, lors de travaux de réfection de l'église, les maçons découvrent deux crédences appelées aussi niches garnies de fontaines ou piscines de style roman encastrées dans l'épaisseur d'un plein cintre. Elles servaient à l'ablution du prêtre. Dans le choeur, les nervures de la voûte viennent se reposer sur des colonnes romanes avec leurs chapiteaux à godrons. Les marches du maître autel sont faites de dallage bleu et blanc du XIXé, ce qui révèle l'appartenance à l'abbaye de Cerisy.

A l'extérieur, une porte, au sud, est ornée de trois voussures décorées de zigzags, de quatre-feuilles et de têtes plates mordant un tore, elle servira de modèles pour le porche d'entrée ou la porte d'entrée de la Chapelle des Soldats. Sur les murs de nombreux modillons, tantôt des masques animaliers, tantôt des figures humaines ou mascarons démoniaques ou des figures géométriques.

© Liliane Grimaux
© Liliane Grimaux
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© Liliane Grimaux
© Liliane Grimaux
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• Sur le terrain avec Gilbert Lebourgeois, maire de la Bazoque (25 avril 2015)

C’est en compagnie du maire de la Bazoque, Gilbert Lebourgeois, que nous sommes parties à la découverte du patrimoine remarquable de cette commune. Nous avons d’abord été au Moulin Neuf, propriété de Mme Chantal Schmit qui nous a accueillis très chaleureusement. Le moulin est situé au carrefour des chemins de la Bazoque, Cormolain et Planquery. Il n’est plus en activité depuis longtemps et a été converti en résidence. Le Moulin Neuf a été construit en 1824 et faisait tourner trois meules qui écrasaient le blé, le seigle et le sarrasin. Mme Schmit nous a aussi informées d’un chemin de randonnée fort agréable d’une dizaine de kilomètres qu’elle intitule elle-même « Le chemin des quatre moulins ». Cette belle randonnée permet, en alternance entre chemins communaux et petites routes communales, de voir quatre anciens moulins situés à la fois sur la commune de la Bazoque et sur celle de Planquery : le Moulin neuf, le Moulin du Temple, le Moulin Bacon et le Moulin des Essards.

 

Gilbert Lebourgeois nous a ensuite emmenées voir le Moulin des Essards. Le propriétaire, Stephen Buss, qui est originaire du Devon en Angleterre, offre dans cet ancien moulin une prestation de gîte rural apparemment fort appréciée des Britanniques et des Hollandais. L’accueil de M. Buss fut tout aussi sympathique que celui de Mme Schmit, il nous a montré l’emplacement de la roue du moulin et nous a permis de prendre des photos.

 

Et maintenant un peu d’histoire… Le Moulin Neuf est-il si neuf que cela ? Certes, les bâtiments actuels datent bien du début du 19e siècle, mais une carte topographique de Normandie réalisée par le géographe Mariette de la Pagerie et datée de 1720 mentionne déjà un Moulin Neuf… En fait, les moulins succèdent souvent à d’autres moulins. Un moulin peut avoir été fondé à l’époque médiévale, mais daté au niveau de son bâti actuel du 19e siècle. Le premier Moulin Neuf de la Bazoque a sans doute été institué et bâti au début du 18e siècle, il est neuf dans la mesure où il n’est pas médiéval. Les bâtiments du 19e siècle ont sans doute remplacés d’autres plus anciens. En revanche, le Moulin des Essards semble bien d’origine médiévale même si, comme le Moulin Neuf, ses bâtiments paraissent dater du 19e siècle. Ce moulin devait dépendre de l’ancien château des Essards et était donc seigneurial. Il ne reste plus rien de ce château médiéval du 14e siècle qui appartenait aux Thésard, seigneurs des lieux : démoli au 18e siècle, une ferme en occupe encore l’emplacement (A. de Caumont, Statistique monumentale, Caen, Hardel, 1857, p. 313).

 

Cette promenade à travers le patrimoine de la Bazoque s’est ensuite achevée par la visite d’un lieu au nom peu rassurant de « Trou du diable ». Il s’agit en fait d’une ancienne carrière d’ardoises à ciel ouvert. Il en existait plusieurs dans la région : à Balleroy, Planquery, Castillon et Montfiquet. Dés 1717, on extrayait déjà de l’ardoise à la Bazoque tandis qu’au début du 19e, les ardoisières de la Bazoque, avec celles de Castillon, constituaient les exploitations les plus importantes du département du Calvados (M. Rioult, Ph. Bernouis et R. Girard, « Ardoises et ardoisières du Bocage normand », dans L’exploitation ancienne des roches dans le Calvados : histoire et archéologie, Caen, Conseil Général du Calvados – Service Départemental d’Archéologie, 1999, p. 117-122).

 

La Bazoque est donc riche d’un patrimoine industriel composé d’anciens moulins et d’ardoisières qu’il convient de mettre en valeur à la lumière des sources d’archives. C’est là tout le travail des chercheurs…

 

 

Élisabeth Ridel

Avec la collaboration de Liliane Grimaux

moulin neuf
moulin neuf
moulin neuf
moulin neuf
Moulin des Essard
Moulin des Essard
Moulin des Essard
Moulin des Essard
le trou du diable
le trou du diable
le trou du diable
le trou du diable

• Dans le sentier des potiers médiévaux du Molay- Littry (20 mars 2015)

 

En ce premier jour de printemps (froid et humide !), nous avons découvert le « sentier des potiers » au Molay-Littry. Il s’agit d’un très beau chemin creux parcourant une campagne calme et préservée mais à emprunter obligatoirement avec des bottes à cette saison… Situé au nord du Molay-Littry, en limite communale avec Saint-Martin-de-Blagny et Saonnet, ce chemin a dû être emprunté de manière régulière par les potiers qui s’étaient établis dans ce petit coin de terre depuis le 11e siècle, au point que celui-ci reçut plus tard le nom évocateur de « la Poterie ».

 

Le lieu-dit « la Poterie », actuellement sur la commune de Rubercy, regorge de vestiges de ces potiers, dont l’activité s’est étendue jusqu’au 18e siècle. Notre chemin, qui permettait de se rendre au cœur du hameau, déservait sans doute les fours des potiers. Des sondages et des fouilles archéologiques ont été entrepris par Anne-Marie Flambard Héricher qui ont mis au jour de nombreux fragments de poteries, en particulier le long du ruisseau bien nommé « la Poterie », ainsi que des fours datant des 11e et 12e siècles à Saint-Éloi et au Planitre (A.-M. Flambard Héricher, Potiers et poteries du Bessin. Histoire et archéologie d’un artisanat rural du XIe au XXe siècle, Caen, CRAHM, 2002).

 

Avec Élisabeth Ridel, qui nous a servi de guide pour cette promenade, nous avons effectivement pu observer dans les talus des tessons de poteries. Ces fragments de terre rouge ou blanche sont des rebus de cuisson ou des poteries mal façonnées que les potiers de l'époque ont entassé sur les bords des chemins. Notre « sentier des potiers » permettait également de se rendre jusqu’au château du Molay, dont on sait qu’il cache en ses fondations un château plus ancien, construit au début du 15e siècle, par Philippe d’Argouges et sa femme Marguerite de la Champagne héritière de la seigneurie du Molay (voir dans la « Revue de Presse », La Renaissance du Bessin du 15 août 2014). Il semble que la communauté des potiers du Molay, qui constituait un groupe privilégié, ait été sous la protection du seigneur du lieu. En 1500, Jehan d’Argouges, seigneur du Molay, figure dans les statuts et réglements des potiers du Molay.

 

Cette première sortie fut donc particulèrement intéressante, car elle nous a montré l'existence d'une activité potière qui s’est exercée sur le Molay-Littry tout au long du Moyen Âge et bien au-delà. Afin de respecter ce chemin et ses trésors, nous n'avons fait qu'observer ces morceaux de poteries (dans les talus ou au sol). Nous nous devons tous de préserver ces traces de notre histoire… Nous ne manquerons pas d'y revenir pour d'autres repérages et, par la suite, avec des groupes pour pouvoir faire partager et découvrir cet agréable chemin.

 

 

Aurélie Desvages Lainey et Vincent Girard

avec la collaboration d’Élisabeth Ridel

 

Chemin des potiers
Chemin des potiers
chemin des potiers
chemin des potiers
chemin des potiers - fragments de poteries
chemin des potiers - fragments de poteries
chemin des potiers - ruisseau la poterie
chemin des potiers - ruisseau la poterie