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"De bois, de terre et d’eau"

Patrimoine archéologique, historique et culturel, tourisme et attractivité du territoire dans la région Balleroy – Le Molay-Littry

 

Situé au cœur du Bessin et aux portes des marais, le territoire boisé de la région Balleroy – Le Molay-Littry est en marge des plages du débarquement et du tourisme lié à la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, le patrimoine archéologique, historique et culturel y est particulièrement digne d’intérêt et mériterait d’être mieux connu. Riche également d’un patrimoine naturel qui a permis aux hommes de développer des activités économiques propres, cette région offre une attractivité intéressante, tant au niveau de ses paysages que de son patrimoine bâti.

 

Zone d’étude correspondant en gros au territoire de l’Intercom Balleroy –
Le Molay-Littry. © Carte Michel Daeffler, CNRS.


Si la Maison de la forêt - Office de tourisme Balleroy – Le Molay-Littry s’est orientée depuis une dizaine d’années vers un tourisme original, conjuguant nature et culture, celui-ci gagnerait à être développé grâce à des recherches scientifiques. Fédérées autour d’un programme pluri- et interdisciplinaire, mené par une équipe de chercheurs professionnels, ces recherches seront à la base de nouvelles formes de mise en valeur du patrimoine. Elles viseront en particulier à mettre en valeur les patrimoines suivants

 

 

 Bois et forêts

Notre territoire se caractérise par une couverture forestière assez importante qui était constituée, au Moyen Âge, de la forêt de Cerisy, des bois du Molay, du Tronquay, du Vernay, de Querguesalle (Vaubadon), de Courteil (Balleroy) et même du parc de Semilly, situé dans la Manche. Ces espaces boisés formaient la « forêt de Bur » et ont été d’une grande importance pour le développement d’activités aussi variées que la production de céramiques, l’artisanat du bois, la chaufournerie, la mine de charbon ou la sidérurgie. Ces activités ainsi que les divers traitements forestiers au cours du temps ont contribué à façonner la forêt telle que nous la connaissons de nos jours.  La chasse, que ce soit au vol (fauconnerie) ou en vénerie (chasse à courre), a été pratiquée dans ces massifs depuis les ducs de Normandie, jusqu’à la chasse à tir actuellement en usage. La biodiversité animale, végétale et fongique de cette forêt a aussi fait l’objet de nombreuses études scientifiques particulièrement bien renseignées depuis le XIXe siècle. 

 

 

Ensemble du massif forestier de Bur.
© Carte de Cassini, 1760, collection CRHQ
(CNRS – Université de Caen).
Ensemble du massif forestier de Bur.
© Carte de Cassini, 1760, collection CRHQ
(CNRS – Université de Caen).

 

 

• Forteresse, châteaux et manoirs, églises

L’évangélisation de notre territoire au cours des 5e et 6e siècles l’a peu à peu structuré en paroisses, dont témoignent les dédicaces d’églises. Beaucoup plus tard, ce sont les châteaux, érigés par de puissants seigneurs aux 10e-11e siècles, qui contribueront à organiser l’espace. Les traces de ces anciens châteaux subsistent encore : citons celui des seigneurs Bacon du Molay, qui occupait la place où se trouve l’actuel cimetière, celui de Montfiquet, situé près du presbytère, mais aussi celui de Bur-le-Roy, à Noron-la-Poterie, qui servait de résidence de chasse pour les ducs de Normandie. Une enquête approfondie sera entreprise afin de mettre en valeur ce patrimoine oublié.

 

Chapelle Saint-Nicolas, seul vestige subsistant de l’ancien château des seigneurs Bacon du Molay.
© Photo Liliane Grimaux.

• Rivières et voies de communication
Les voies de communication représentent un enjeu économique pour le royaume de France. Le réseau routier se développe essentiellement au 18e siècle. Routes, ponts et gués feront ainsi l’objet d’inventaires en archives (dépouillement systématique de la série des ponts et chaussées) et sur le terrain. On recherchera aussi les voies de communication en connexion avec les marais du Bessin et les débouchés maritimes.

 

 

À Vaubadon sur la Drôme, pont dit de Sully, qui a été restauré et classé à l’inventaire des monuments historiques. © Photo Michel Granger.

• Potiers et poteries
La terre, l’eau et la forêt ont permis le développement des activités potières. Des fours de potiers remontant au 11e siècle ont été mis au jour sur l’ancienne commune du Molay (four de Saint-Éloi). De nombreuses poteries y ont ainsi été tournées au Moyen Âge, puis plus tard au Tronquay, à Noron et Saint-Paul-du-Vernay. Anne-Marie Flambard Héricher, qui a entrepris un important travail archéologique et archivistique sur les potiers du Bessin, propose de poursuivre les recherches afin de retrouver d’autres fours médiévaux ou modernes, en particulier ceux qui ont produit les pavés décorés.

 

 

Poteries médiévales mises au jour au Molay-Littry. © Photo Anne-Marie Flambard Héricher,
Université de Caen.

• Moulins et lavoirs
Le patrimoine de l’eau est particulièrement riche dans une région traversée de plusieurs rivières. De nombreux moulins ont été en activité sur les rivières de la Tortonne (et ses affluents Esque et Siette) et de la Drôme. Devront être pris en compte les traces archéologiques et historiques des anciens moulins, mais aussi les petits ouvrages liés à l’eau tels que les lavoirs, les puits et les abreuvoirs. Des prospections pourraient être menées pour retrouver d’anciens étangs, viviers et d’éventuelles pêcheries.

 

 

Bief du moulin de Vaubadon, qui était encore en activité au 19e siècle.
© Photo Élisabeth Ridel, CNRS.

• Mines, fours à chaux et forges
La mine de charbon de Littry constitue un domaine privilégié de recherche : patrimoine minier (terrils, vestiges bâtis, etc.), mémoire ouvrière (témoins de l’exploitation du bassin de Fumichon entre 1941 et 1949), histoire des mineurs et de leurs familles à Littry et dans les communes voisines pour la période 1836 à 1881. On étudiera aussi le principal débouché de la mine de Littry, à savoir l’utilisation de la houille pour la production de chaux locale. Dans le cadre de cette valorisation du patrimoine industriel, d’autres enquêtes pourraient être menées sur les forges de Balleroy et sur l’usine laitière Gervais-Danone sise au Molay-Littry.

 

 

Four à chaux d’Aignerville.
© Photo Philippe Bernouis,
Conseil général du Calvados,
Service du patrimoine.

• Enquêtes rurales
On recense aujourd’hui sur notre territoire plus de 400 exploitations agricoles tandis que les agriculteurs représentent plus de 10 % de la population active. Ledéveloppement de l’élevage bovin laitier et plus largement des activités agricoles et agro-alimentaires fera l’objet d’une analyse centrée sur l’évolution des productions et de leurs structures, des lieux de commercialisation, mais aussi des pratiques agricoles et des paysages ruraux. Parallèlement, on abordera les autres activités en lien direct ou indirect avec la production agricole. Dans ce cadre, et en lien avec la préoccupation constante d’une valorisation des ressources locales, l’analyse du patrimoine rural s’appuiera plus particulièrement sur l’évolution du bâti rural traditionnel.

 

 

Appenti en terre au Molay-Littry.
© Photo Roger Ridel.